Avenir de la fonction publique : les associations de territoriaux recadrent le débat

Avenir de la fonction publique : les associations de territoriaux recadrent le débat

Publié le 11/06/2017

Après les débats des primaires, puis de l'élection présidentielle, marqués par un violent « fonctionnaire bashing », les principales associations de territoriaux, réunies par « La Gazette », en conviennent : oui, le statut doit évoluer.

Le statut… en mode évolution

Faut-il supprimer ou faire évoluer le statut ? 

Pascal Fortoul – L’ADGCF a mené un travail de réflexion auprès de ses adhérents en abordant des problématiques précises : gestion des contrats, licenciement, évaluation… 92 % souhaitent le maintien du statut, mais aussi son amélioration. La logique est donc de conserver le statut, tout en le renouvelant profondément.

Emmanuelle Dussart – 2ACT est profondément attachée au statut. C’est « LE » système de protection contre la pression politique, qui permet de rassembler autour du service public et de l’intérêt général. Pour autant, il doit être rénové : il est devenu archaïque et devient source d’inégalités entre les filières. Il doit offrit plus de perspectives d’évolutions aux agents, pour que leur parcours ne soit pas tracé définitivement dès la réussite au concours. Le débat n’est pas de savoir s’il faut supprimer le statut, mais de déterminer comment le faire évoluer.

Le statut est devenu archaïque et  source d’inégalités entre les filières. Il doit offrit plus de perspectives d’évolutions aux agents, pour que leur parcours ne soit pas tracé définitivement dès la réussite au concours.

Stéphane Pintre – La suppression du statut est un « marronnier ». A chaque échéance électorale, des prurits libéraux se font jour. Supprimer le statut ? Et on le remplace comment ? Il faudrait l’expliquer aux 50 000 employeurs territoriaux. Tous les Etats qui se sont essayés à la suppression du statut en ont fait les frais ! Mais le SNDGCT n’est pas inquiet, le statut a toujours su évoluer !

Claude Soret-Virolle – Le statut est porteur d’un sens, l’intérêt général, différent de la recherche de la productivité et de « la marge ». C’est l’assurance d’une continuité du service public, quelles que soient les politiques en place. Mais la question qui n’est, évidemment, jamais posée, est de savoir si l’on peut réduire le service public. Pour les agents, le statut est une garantie de parcours professionnel et de montée en compétences.

Jean-Charles Manrique – Il faut cesser d’agiter des épouvantails, tout le monde sait bien que l’on ne supprimera pas le statut ! Mais il faut le rendre agile, avec un seul objectif, qui n’est pas de savoir si on remet en cause ou non la stabilité de l’emploi du fonctionnaire, mais plutôt comment préparer au mieux les compétences dont les territoires ont besoin. Le véritable enjeu, ce n’est pas le statut en soi, mais plutôt la formation initiale, la formation professionnelle et l’adaptation des compétences de nos agents à tous les défis qui nous attendent.

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